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Transmedia + Story + Non Profit = Transmedia activism

Transmedia Activism” : encore un nom qui écorche les oreilles, me direz-vous… Pourtant cette terminologie vaut la peine que l’on oublie un instant la forme pour s’attarder sur le fond, à savoir : la capacité fédératrice d’une histoire mise au service d’une cause.

La reprise d'Avatar par les Palestiniens

Car c’est cela que recouvre le transmedia activism : le fait qu’une histoire transmedia – une histoire qui se déploie sur différents supports et qui s’enrichit de la contribution et/ou de la participation du public – vienne nourrir les actions d’acteurs non profit.
Tentative de décryptage de cette nouvelle forme de transmedia storytelling.

Le transmedia storytelling : un véritable levier pour le secteur du non profit

Les ONG et les associations, qui très souvent n’ont pas un gros budget de communication, l’ont bien compris : l’histoire est fondamentale pour recruter et fidéliser un public engagé.
Mais la force de l’histoire est décuplée lorsque ce même public engagé est invité à devenir co-créateur de l’histoire. Les activistes en puissance comprennent davantage la cause en produisant des contenus relatifs à cette dernière,  ils deviennent donc des maillons essentiels pour transmettre l’histoire sur différents médias.

Resist - Work together, change something, make a difference
Après, comme pour la construction et l’entretien de toute communauté, la gageure principale est de fournir aux futurs story activists de quoi co-créer : des outils, des ressources, des lieux où ils peuvent partager les contenus créés.

Par exemple, les réalisateurs (dont l’acteur Gael Garcia Bernal) du documentaire “Resist” , ont mis en place une plateforme, ResistNetwork, en partenariat avec Amnesty International, afin d’enrichir le concept du documentaire en invitant les utilisateurs à partager leurs propres histoires de résistance. Ces dernières ont été utilisées dans la réalisation finale du documentaire.

Autre exemple, plus ludique,  l’ARG Evoke du World Bank Institute, qui souhaite faire en dix semaines des gamers des “social innovators” (ARG lui même largement critiqué d’un point de vue social, et parodié par un autre ARG, UrgentInvoke, comme nous l’explique un bon article de Faismoijouer).

Quand l’histoire donne envie de s’engager

Mais parfois, c’est de l’histoire dont naît l’envie de s’impliquer et de s’engager pour une cause. Qui n’a pas, à l’instar de Kick-Ass, rêver de quitter son statut d’illustre inconnu et d’aller jouer au justicier, juste en enfilant une panoplie de super héros ? Cela semble d’autant plus vrai lorsque le monde dans lequel on vit peut sembler désenchanté et sans repères : la figure du héros permet ainsi de s’extraire d’un quotidien morne, de développer son imagination et de s’identifier à un modèle aspirationnel. Mais, tandis que certains cultivent leur passion pour les héros en allant tous les ans au Comic-Con, d’autres se servent d’une histoire symbolique pour agir.

Récemment, des Palestiniens, dans le village de Bil’in, se sont déguisés à l’image des personnages des Naa’vi dans Avatar : maquillage bleuté, queue et grandes oreilles pour symboliser “[the] united resistance to imperialism of all kinds“. La vidéo a été vue plus de 230 000 fois.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Chw32qG-M7E[/youtube]

Vers du fandom associatif ?

A l’instar d’une véritable association “traditionnelle”, différents groupes de passionnés de Harry Potter ont mis en place Helping Haiti Heal. Le principe : lever des fonds pour financer la reconstruction du pays post séisme. Grâce aux plus de 110 000$ récoltés, 3 cargos dénommés “Ron”, “Hermione” et “Harry” ont acheminé 75 000 livres de biens de première nécessité.

Facebook - The HP Alliance

On peut s’interroger sur l’engagement potentiel de tous ces activistes si J.K. Rowling n’avait jamais existé

Reste à maintenant savoir comment le transmedia activism évoluera dans les prochaines années.  Le fait que le storytelling confère de la puissance supplémentaire à un acte n’est absolument pas nouveau, mais la co-création de contenus par des story activists l’est bel et bien.
Sans aucun doute une évolution à prendre en compte dans le secteur du non profit, qui aurait  tort de ne pas profiter du formidable potentiel du transmedia pour créer de l’engagement, vous ne trouvez pas ?

Pour aller plus loin :
* Une liste de projets de transmedia activism
* Un article très clair et très complet sur le transmedia activism
* Un article sur le transmedia storytelling et la co-création de réseaux

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