in Transe du transmedia

Brève mise en abîme : storytelling du storytelling digital

Jeudi 8 avril, 19h. Ils sont une petite centaine à avoir répondu à l’appel du Social media club français et à se presser dans les locaux hype de La Cantine. Poufs orange et verre pomme, barbes et lunettes pubardes, iPhones dégainés, prêts à twitter avec le hashtag de la soirée (#smcf), telle est l’ambiance ô combien dépaysante de ce début de soirée dédié au digital storytelling. *La thématique, initiée par un billet de Nicolas Marronnier, promet d’être intéressante, et on se laisse agréablement choir dans le moelleux des canapés tandis que la première intervention (Cécile Cros, de Narrative) commence.

Et bien vite, hélas, on oublie que l’on assiste à une conférence censée privilégier le partage des connaissances et ouvrir le débat, tant le ton se veut commercial, tant l’argumentaire est orienté vers la possibilité d’une prestation future. De vilains mots –  “nouveaux médias” – sont prononcés, d’autres mots – “storytelling” – ne sont pas explicités,  tandis qu’une partie des spectateurs commencent à pianoter distraitement sur leur laptop (prudemment prévu en back-up).

le storytelling digital au social media club françaisLa suite des interventions ne se présente pas mieux.

Hormis l’intervention de Julien Aubert de l’excellent blog Faismoijouer, les discours sont littéralement à l’opposé de ce que le monde anglo-saxon peut nous offrir actuellement autour du transmedia storytelling :  pas de réflexions poussées, pas d’enthousiasme autour de l’histoire sui generis, mais un grand nombre de constats éculés, flottant à la surface des choses, et surtout, des attitudes “je-suis-face-à-mon-client-et-j’essaye-de-vendre”. Pire encore, des chiffres et des statistiques floues,  lancés régulièrement à travers la salle et destinés à faire briller les yeux du public néophyte. Dommage.

On sort déçu, le mot “bullshit” au bord des lèvres, et on se jette sur le bol de cacahouètes pour compenser la non-ingestion de savoirs.
Les Henry Jenkins et Jeff Gomez français ne sont pas encore nés.

*NDLR : mon propos n’est nullement de rendre fidèlement compte des différentes interventions de la conférence. Pour un compte-rendu exhaustif et objectif, voir le webcast du Social Media Club.

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  1. Effectivement, une conférence qui a mélangé allégrement la production de contenu, les campagnes sociales-media-tralala avec le digital storytelling.
    Pas de quoi faire avancer la cause des raconteurs d’histoires (interactives ou pas).

    Et c’est dommage. Il y a de bonnes pratiques à inventer dans ce métier, des précautions à prendre, des techniques à acquérir. La publicité anglo-saxonne regorge d’exemples réussis (et ratés) sur lesquels théoriser.

    Ce ne sera pas pour cette fois.

  2. Ecoute j’ai eu le même sentiment, ils étaient là pour défendre leur bout de gras.
    Quand j’entends “les terminaux font de la relation “contenu et lecteur” super intime donc mnt on adapte les contenus… hum hum C’est vite dit à mon sens. Les médias sont de plus en plus sociaux, partage tout le tralala.
    Jenkins (Convergence, intermédialité) le résume parfaitement et les Coréens qui regardent le foot autour d’un IPhone contredit ou nuance un peu de tels propos.
    Bref, déçue à souhait… Les ARG c’était rigolo aussi, on élève des événements dont certains sont passionnées au rang d’expertise mouais.