Hail the Villain : l’innovation du marketing musical par de jeunes métalleux

Ils sont musiciens, ils viennent d’un coin paumé de l’Ontario et ils ont envie d’être différents. Comme tant d’autres.
Seulement voilà, ils ont eu l’ambition (et le budget) de créer un véritable story world autour de la sortie de leur prochain album, Population : declining, en juin 2010. Sur la base de leurs chansons qui parlent de haine, de perte et de rédemption (eh oui, ça reste du metal…), le groupe, Hail The Villain, a créé une histoire interactive avec des tas de ramifications se déployant sur différents supports : web, print, vidéos, et un comic book en projet.

Hail The Villain

Le site, à l’ambiance noire et au traitement BD, rappelle à la fois l’univers glacé de certains comics, à l’instar de Sin City de Frank Miller ; libre à l’internaute d’y flâner pendant de longues minutes, de découvrir les personnages de l’histoire, de s’amuser avec les nombreux modules interactifs, ou encore d’interférer directement avec le groupe via sa webcam… tout en découvrant la musique de Hail The Villain.

Le premier cas de transmedia musical ? A suivre.
Dans tous les cas, une jolie manière de galvaniser les fans et se différencier à l’heure du myspace obligatoire.

Réalisation : GRAND creative studios avec une belle présentation du projet ici.

Le fabuleux business du transmedia storytelling

le transmedia storytelling, une vision

A l’occasion de la grande conférence Tools of Change for Publishing organisée par O’Reilly et qui vient de s’achever à New York, il y a eu une intervention très intéressante de Jeff Gomez, qui est, avec Henry Jenkins, un des grands pontes du transmedia storytelling aux USA.
Sauf qu’à la différence de ce dernier, enseignant-chercheur au MIT, Jeff Gomez en a fait un réel business avec sa compagnie Starlight Runner Entertainment qui créé des “univers narratifs” pour, entre autres, Avatar, Halo, Dexter,  et Pirates des Caraïbes. Mais, au juste, le transmedia storytelling, à part être un vilain terme jargonneux, c’est quoi, et surtout, comment ça fonctionne ? Continue reading

On raconte tous des histoires !

C’est un constat déjà mille fois répété : le storytelling des marques évolue. En effet, l’art et la manière de raconter une histoire de marque ne peuvent que s’adapter aux nouvelles façons de communiquer dont un des traits marquants est la participation active des publics ; ça aussi, ça a été répété à peu près 1 million de fois depuis 2003, l’internaute est collaborateur, voire même créateur.

Autrement dit, si la marque lui raconte une histoire fausse, il réagit avec sa propre histoire (par exemple, et les exemples ne manquent pas, la célèbre affaire Kryptonite) sur laquelle d’autres gens réagissent etc.
Bref, en lieu et place d’un storyteller qu’un public attentif écoute à la lueur d’un feu de camp, sans jamais oser l’interrompre, il faut donc davantage imaginer un joyeux bordel de gens qui parlent, conversent, bavardent, bavassent. Parfois la marque, terrorisée, écoute derrière la porte, parfois la marque crie toute seule dans un coin, et personne ne l’écoute. Et parfois, la marque raconte son histoire, et ça se passe bien : les gens se passent le mot et l’histoire circule, et chacun s’en fait sa propre version.

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