Pourquoi Attraction m’a donné envie de fumer
La première chose que j’ai pensé de Attraction, le manga anti-tabac de l’INPES destiné aux 14-20 ans, ce n’est pas « waouh, l’INPES fait un manga interactif parfaitement en accord avec les codes de la cible, bravo ! ». Mais plutôt « waouh, quelle atmosphère ! ils ont l’air de s’éclater, tous ces gens qui fument ! ».
L’expérience, qui plonge l’internaute dans un univers sci-fi sulfureusement branchouille, m’a laissé sur la langue une envie de volutes bleutées et un agacement que j’avais envie d’exprimer ici. Lire la suite
L’industrie du jeu vidéo parie sur des oeuvres transmedia
Sur un marché ultra compétitif, comment faire pour vendre un jeu au-delà de sa cible traditionnelle ?
La réponse du moment : faire du jeu une œuvre transmedia, avec tout autour des « compléments d’histoire » (BD, roman, jeu ad hoc sur les médias sociaux etc.).
C’est en tout cas la stratégie marketing de Homefront, FPS qui sort en mars 2011 et qui était présenté, la semaine dernière, à Paris Game Week Lire la suite
Un blog sur les planches
Lorsqu’on s’intéresse aux différentes formes que peuvent prendre les œuvres de fiction lorsqu’elles sont transposées / traduites sur les supports digitaux, les exemples ne manquent pas : littérature twitterisée voire facebookée, univers complémentaire aux séries télé et aux films (à cet égard, parenthèse honteusement pro, allez jeter un coup d’œil à la dernière petite opération de Curiouser).
Il n’en est pas de même pour le mouvement inverse : la production internet racontée / mise en scène via une œuvre de fiction offline.
Bien sûr, il y a The Social Network, une première dans son genre, mais qui est majoritairement centrée sur Mark Zuckerberg et son « moi » social offline. Il y a eu, et il continuera à y avoir, des blogs qui finissent immortalisés sur le papier.
Mais je n’avais encore jamais entendu parler d’une pièce de théâtre qui ferait du blog, et très précisément des blogueuses, son thème central.
Jusqu’à ce que j’aille voir « Blogueuse ».
Les séries télé à la sauce transmédia : le nouveau marketing de la fiction ?

Lost, Heroes, True Blood, Misfits…nombreuses sont désormais les séries qui déploient leur univers fictionnel bien au-delà du petit écran.
S’appuyant sur les médias sociaux et puisant souvent dans le régistre des ARG, l’histoire, pour séduire, doit être impliquante – sous peine de ne pas répondre aux attentes et aux nouveaux usages d’un public ultra connecté.
Décryptage de ces évolutions avec Pierre Langlais aka @mrseries, qui collabore pour Télérama, Canal+ et Le Mouv’. Lire la suite
20 ressources pour mieux comprendre le transmedia storytelling
Pendant que certains ont la chance d’assister à la grand messe de Power To The Pixel qui réunira les principaux acteurs du transmedia, d’autres (dont moi) restent à Paris, avides de webcasts et de comptes-rendus.
Alors en attendant, voici 20 ressources pour mieux comprendre et apprécier le transmedia storytelling. Lire la suite
Monet : quand les tableaux se mettent à vivre
Alors que la très attendue expo Monet ouvre ses portes aujourd’hui au Grand Palais, le site web, tout de Flash vêtu, invite les visiteurs à un voyage interactif à travers les œuvres du peintre.
Au son des accords de piano de Debussy, et à l’aide de micro-interactions (curseur et micro) l’internaute est amené à faire littéralement vivre les toiles si connues. Tout puissant, il fera bouger les ailes d’un moulin, changera les saisons d’un tableau et fera se multiplier les nymphéas…

C’est esthétique, onirique, et, en termes d’expérience, cela change de l’éternelle contemplation passive qui est de rigueur dans l’institution « musée ». Mieux encore, cela l’accompagne, la prolonge et l’enrichit.
Un seul regret : le « voyage » ne peut se faire que d’une seule traite, suivant un parcours imposé. Il eut été intéressant (mais techniquement plus complexe, c’est sûr) de structurer l’expérience par tableaux, afin d’offrir à l’internaute la possibilité de créer sa propre promenade artistique.
Cela étant, je n’ai pas souvenir qu’une initiative aussi innovante ait jamais existé en France dans le domaine des arts, disons, classiques. Bravo à la RMN !
Une nouvelle façon de raconter les voyages : le travel gaming
Comme d’autres écrivent un journal de bord, dessinent ou podcastent pendant un voyage, Jordan Magnuson a inventé une nouvelle façon de raconter les voyages : le travel gaming.
Cet Américain qui vit et travaille en Corée du Sud a décidé d’allier ses deux passions, le voyage et le jeu vidéo à travers un projet ambitieux, Game Trekking.
Le concept est simple : au cours d’un voyage d’un an, créer des jeux vidéo qui seront intimement liés avec les expériences de Jordan dans les différents pays visités.
Des jeux pour jouer ? Pas seulement, Jordan s’intéresse avant tout à l’expérience et à l’interaction nécessairement suscitées par le jeu, et à la capacité de ce dernier à faire changer les mentalités !
Un bon exemple est à cet égard une animation Flash, « Freedom Bridge », à mi chemin entre artgame et expérience online, et qui puise son inspiration dans l’histoire politique des deux Corées.
Jordan a gentiment accepté de répondre à mes questions, long échange que je retranscris ci-dessous.
Si ce projet vous plaît comme il m’a plu, n’hésitez pas à aller voir la présentation du projet et à donner un coup de pouce à ce backpacker hors du commun, à qui il manque actuellement un peu plus de 1000$ pour concrétiser son rêve ! Lire la suite
Le ludique est-il partout ?
En voilà un qui n’a pas peur de provoquer. Seth Priebatsch, lors d’un Ted talk, le crie haut et fort : la décennie précédente ne s’est intéressée qu’au social media et à tout ce qui touchait aux connexions, et c’est dommage, car il y a bien plus puissant. Ce qu’il appelle le « gaming layer », la couche ludique en français, est d’après lui ce qui va permettre d’influencer le comportement des gens, en plus de les connecter entre eux.
Les outils seront les dynamiques ludiques elles-mêmes qui, selon l’enthousiaste Seth, sont partout dans notre vie quotidienne.
Mais la vie est-elle un jeu ? Lire la suite
Story Playing is back
Après une très longue hibernation estivale (hum, oui, 3 mois…), Story Playing revient avec beaucoup d’enthousiasme, d’envies et de projets.
Entre autres :
- une volonté de mieux appréhender le ludique : ses définitions, ses leviers, ses applications… Le tout à l’aune d’une partie de la théorie existante (et passionnante !) sur ces questions.
- un nouveau champ d’exploration du côté de l’écriture web : comment les gens doivent-ils écrire pour bien raconter des histoires sur des supports écrits aussi différents qu’un blog, Twitter ou Facebook ? Existe-t-il un dénominateur commun entre les différentes formes d’écriture, de discours que l’on trouve ? Telles sont les questions que je me pose en ce moment…
- et, je l’espère, la sortie d’un projet qui traîne au fond des tiroirs depuis des mois : une Story Map présentant les différents domaines / territoires digitaux qui se servent des histoires (l’art, le jeu, la littérature, le social…).

Alors voilà, je retrousse mes manches, je prends mes bouquins, je ne décolle plus de Google Reader et je dis définitivement adieu à Starcraft III (que je n’avais d’ailleurs toujours pas commencé) !
Image : Woman aircraft worker, Burbank, Calif, by The Library of Congress
L’insoutenable fragilité de l’être
Tandis que certains (à vrai dire, un seul) versent dans le discours stérile en glosant sur les conditions d’interpellation du blogueur, d’autres (beaucoup plus nombreux) s’attachent à relayer – et ils ont bien raison - le nouveau film de la Sécurité routière, Insoutenable. Insoutenable, c’est un court-métrage de plus de 5 min, destiné au web et plus particulièrement aux jeunes internautes (18-24 ans).
Comparé à un spot télé de la Sécurité routière misant sur le trash immédiat et la concision du message, Insoutenable prend le temps de faire entrer l’internaute dans l’histoire, en posant une atmosphère, en facilitant l’identification aux personnages et en ciselant un véritable scénario.
Et ça fait mal : 315 longues et douloureuses secondes pour nous rappeler la fragilité intrinsèque de la vie humaine, quand celle-ci est suspendue au cocktail fatal « trop d’alcool + une voiture ».
Insoutenable parce que la rapidité à laquelle un destin est foutu en l’air est révoltante, insoutenable par les images qui ne puisent pas dans le gore mais dans le « tout est dit » : insoutenable, mais à soutenir, car c’est sans aucun doute à travers des projets comme celui-là que la communication de prévention prouve son efficacité.
Source : Aurélien P, respectivement ex-collègue, ami, et twittos de choix.
Nul besoin, je l’espère, de préciser que l’amitié que je lui voue n’a en aucun cas conditionné ma perception du film.
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