Jul 5, 2009
MadS

L’iPhone, futur pourvoyeur d’histoires à jouer ?

Je regarde mon voisin de métro. Plongé dans la lecture d’un long texte. Rien d’anormal, me direz-vous.
Sauf que, toutes les dix secondes, son doigt imprime un léger mouvement de haut en bas.
Tic ? TOC ? Névrose ?

Lecture sur iPhone



Rien que de très normal, il fait simplement partie de ces gens – de plus en plus nombreux – qui lisent sur leur iPhone, assis dans le bus ou attablés à la terrasse d’un café.
J’ignore ce qu’il lit mais il s’agit probablement soit d’un mail, soit d’un article de journal.
Hélas oui, on dirait bien que la lecture sur iPhone remplit avant tout deux des besoins primitifs assouvis online : communiquer et s’informer.
Mais l’histoire dans tout ça ?

Quand mon iPhone devient mon nouveau roman

Concernant les aficionados de Stephenie Meyer qui possèdent un iPhone (ça doit bien exister !), il existe désormais plusieurs services, comme Shortcovers, permettant de laisser son gros pavé sur sa table de chevet et de savourer la prose de Twilight sur son tout petit écran (dans l’expression “savourer la prose de Twilight”, il convient d’y percevoir une ironie certaine – je n’ai pas lu le livre mais on me l’a fortement déconseillé et comme je fais généralement confiance à on, je ne le lirai pas).
Twilighhhhhhhhht Personnellement, je trouve ça plutôt bien que les gens lisent dans le métro (même du Stephenie Meyer et alii, concède l’élitiste qui est en moi) plutôt que de fixer d’un air bovin et peu amène les encarts publicitaires de la rame, souvent d’une débilité affligeante.
Néanmoins je trouve aussi dommage que l’histoire, qui trouve des transformations et des adaptations plaisantes sur l’écran d’un PC connecté à Internet, ne sache pas – pour le moment – se réinventer sur les écrans des mobiles.

Une première tentative d’histoire à jouer

ruben&lullaby_iphoneIl y a quand même des gens qui ont essayé de changer ça, avec ce qui est qualifié sur leur site de “new kind of interactive storytelling” : l’appli iPhone Ruben & Lullaby.

Ruben & Lullaby, ce sont deux personnes, un homme et une femme, assis sur un banc. Un peu comme dans cette love story grecque interactive, c’est à l’internaute de s’arranger pour qu’ils finissent ensemble la nuit / quelques années ensemble / toute leur vie (cochez une des propositions selon votre degré de romantisme).

L’originalité de la chose réside dans l’interaction.  Vous voulez que cette pauvre Lullaby, un peu exaspérée par les avances de Ruben, s’énerve ? Appuyez votre doigt sur son visage comme si vous souhaitiez le “secouer”. Et pour que Ruben ait les larmes aux yeux ? Caressez lentement son visage.
L’action, mais également la musique, évoluent donc au gré du doigté de l’internaute.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=TgFlkbCbCg8[/youtube]

Les mots, un élément clé de l’histoire

Pour ma part, j’aime bien l’idée, mais je trouve la réalisation un peu décevante, plus proche d’une mini oeuvre d’art interactive que d’une réelle histoire interactive. Le texte, et c’est dommage, a été complétement banni de l’application ; de ce fait, l’action et les possibilités d’interaction en sont vraiment amoindries.
C’est sympa d’intervenir sur les pures émotions des personnages, mais on ne peut pas aller bien loin sans faire appel aux mots. A moins d’inventer un langage tactile qui couvrirait toutes les émotions potentielles – bon courage à celui qui s’y lancerait !
Cette appli, qui date du début de l’année, a déjà été bloguée et commentée maintes fois. Je vous recommande l’article d’Emily Short, spécialiste de fiction interactive, qui analyse bien le potentiel, mais aussi les écueils, de Ruben & Lullaby.

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