Un jeu (pervers) dont vous êtes le héros (perverti)
Ce n’est pas souvent qu’un site nous évoque les univers d’Eyes Wide Shut et de Histoire d’O. Pourtant, Agent Provocateur (cette marque de dessous affriolants et glamour) vient de mettre en ligne, pour présenter sa collection “Witches”, une expérience qui fleure bon la perversion à la fois trash et raffinée. Et qui a le mérite de placer l’internaute au coeur de l’histoire.
La caméra, oscillante et tremblante – comme si elle craignait de pénétrer dans un lieu de perdition – nous entraîne dans un manoir peuplée de délicieuses créatures arborant comme seuls vêtements des talons vertigineux et quelques centimètres carrés de lingerie fine, dentelle, soie, ou satin. D’abord voyeurs, nous sommes très vite amenés à prendre part au récit, qui se poursuit au son d’une musique troublante – de lancinantes notes de clavecin entrecoupées de gémissements et de soupirs…
A l’instar d’un jeu dont vous êtes le héros, plusieurs questions nous seront ainsi posées, nous faisant passer de pièce en pièce et de scène d’élégante dépravation en scène de provocation ouvertement suggestive.
Très rapidement, on comprend que les demoiselles lascives, loin d’être soumises à un hypothétique maître du château, sont de démoniaques tentatrices qui n’hésitent pas à faire s’agenouiller les hommes devant elles. Et en dépit de nos choix, et quelles que soient les décisions que nous prendrons, nous n’arriverons pas à sauver la vierge ingénue entraperçue au tout début de l’histoire. Sans doute finirons nous nous-même esclaves du plaisir de ces witches envoûtantes.
Au delà du caractère plutôt inédit de l’expérience, ce qui me semble intéressant ici, c’est la manière dont les produits sont mis en scène, et surtout, ce que cela raconte de la marque. Il y a l’idée, certes pas révolutionnaire, mais pas si souvent utilisée, de mettre les culottes, les soutiens-gorges, les porte-jarretelles en véritable situation plutôt que de les présenter figés sur des mannequins lisses et proprets. Mais surtout, ce que je trouve particulièrement malin, c’est le peu de choix qui sont laissés à l’internaute. Les “Yes” or “No” sur lesquels je vais cliquer ne vont pas influencer la tournure du récit et c’est signifiant : quoique je fasse, je ne résisterai pas aux witches, et la fin est écrite d’avance, dès l’instant où je pénètre dans le manoir. Par là-même, cela confère un immense pouvoir – quasi magique - à ces quelques grammes de tissus, de dentelle et de soie : éveiller le désir et la tentation, les faire monter jusqu’à l’insoutenable, et enfin s’emparer de la victime, à tout jamais.
Source : the great gaduman

June 16th, 2009 at %I:%M %p
[...] peuplé de fantasmes sur pattes. Si vous voulez en savoir plus (bande de petits cochons), lisez Un jeu (pervers) dont vous êtes le héros (perverti) (chez StoryPlaying) ou Agent Provocateur Experience (chez [...]
September 30th, 2009 at %I:%M %p
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December 23rd, 2009 at %I:%M %p
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